On dit souvent qu’un bon far breton, cela ne se raconte pas, cela se vit. La cuillère qui s’enfonce doucement, le bord bien doré qui craque à peine, le parfum de beurre salé qui envahit la cuisine… Si vous cherchez la vraie recette familiale, simple et sans chichi, celle de grand-mère, vous êtes au bon endroit.
Un far breton comme en Bretagne : nature, au beurre salé, et terriblement fondant
En Bretagne, le far breton nature est presque un rite. Pas de pruneaux, pas de fioritures. Juste une pâte douce, entre le flan et le gâteau, qui se mange tiède ou froide, à même le plat.
Ce dessert a quelque chose de rassurant. Il ne cherche pas à impressionner, mais il marque les esprits. Une fois que vous avez goûté un far breton au beurre salé bien fait, difficile de revenir en arrière. On reconnaît tout de suite le bon far à trois détails simples : une surface joliment dorée, un cœur moelleux mais pas tremblotant, et ce petit goût de beurre légèrement caramélisé sur les bords.
C’est la recette que l’on prépare le dimanche matin pour le goûter. Celle que les enfants réclament à chaque vacances. Celle que l’on fait “comme faisait mamie”, presque sans regarder la recette, avec des gestes devenus naturels.
Les ingrédients de base : du placard, mais choisis avec soin
Ce qui fait la force de ce far, c’est la sincérité des ingrédients. Rien de compliqué, mais des produits simples et de qualité. Voici ce qu’il vous faut pour un grand plat familial (6 à 8 personnes).
- 200 g de farine de blé (type T45 ou T55)
- 200 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé (environ 15 à 20 g)
- 4 œufs taille moyenne
- 50 cl de lait entier (le lait entier donne un far plus onctueux)
- 50 g de beurre salé pour la pâte
- 20 à 30 g de beurre salé en plus pour le plat
Si possible, choisissez un beurre salé breton, bien parfumé. C’est lui qui donne cette saveur très typique. Le lait entier apporte de la rondeur. Avec du lait demi-écrémé, le far reste bon, mais un peu moins fondant.
Vous voyez, tout ou presque se trouve déjà dans votre cuisine. C’est ce qui rend ce dessert si pratique. En quelques minutes, vous avez de quoi préparer un grand plat pour toute la famille.
La vraie méthode de grand-mère : le secret du beurre très chaud
Le geste qui change tout, c’est la cuisson dans un plat déjà beurré et brûlant. Ce simple détail donne une croûte dorée, presque caramélisée, qui fait toute la différence.
Voici la préparation étape par étape.
1. Préparer le four et le plat
- Préchauffez votre four à 230 °C (chaleur traditionnelle).
- Découpez environ 20 à 30 g de beurre salé en morceaux.
- Placez ces morceaux directement dans un grand plat à gratin (environ 25 x 35 cm).
- Enfournez le plat vide quelques minutes, juste le temps que le beurre fonde et commence à prendre une couleur noisette.
Surveillez bien. Le beurre doit mousser et dorer légèrement, mais pas brûler. Cette étape parfume le plat et prépare la future croûte.
2. Mélanger la pâte sans faire de grumeaux
- Dans un grand saladier, versez 200 g de farine, 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé.
- Mélangez rapidement les ingrédients secs.
- Ajoutez ensuite 4 œufs, un par un, en fouettant bien entre chaque ajout.
- Versez maintenant 50 cl de lait entier en deux fois, tout en fouettant pour obtenir une pâte bien lisse.
- Faites fondre à part 50 g de beurre salé, puis incorporez-le dans la pâte en remuant.
La consistance doit rappeler une pâte à crêpes assez fluide. Si vous voyez quelques grumeaux, n’hésitez pas à passer un coup de fouet énergique ou à filtrer la pâte.
3. Verser sur le beurre brûlant et enfourner
- Quand le beurre dans le plat est bien chaud et légèrement coloré, sortez le plat du four avec précaution.
- Versez immédiatement toute la pâte dans le plat, tant que le beurre est encore en train de mousser.
- Vous allez voir le beurre remonter sur les bords et à la surface. C’est exactement ce que l’on recherche pour cette croûte dorée.
- Baissez la température du four à 210 °C.
- Enfournez le plat et laissez cuire environ 30 à 35 minutes.
Le far est prêt quand il est bien gonflé, avec une surface brune par endroits, et que le centre ne tremble plus vraiment quand vous bougez légèrement le plat. Il va retomber en refroidissant, c’est normal.
Comment le déguster : tiède, froid… et toujours généreux
Laissez le far reposer au moins 20 à 30 minutes avant de le découper. Tiède, la texture est très fondante. Froid, il se tient mieux et les saveurs de beurre salé et de vanille se développent encore plus.
Coupez-le en gros carrés ou en rectangles, comme le faisait votre grand-mère. Servez-le :
- nature, tout simplement
- avec un verre de cidre brut bien frais
- ou avec un peu de crème fraîche épaisse pour les plus gourmands
Le far se conserve très bien au réfrigérateur, couvert, pendant 2 à 3 jours. Beaucoup de personnes le trouvent même meilleur le lendemain, quand la texture s’est légèrement raffermie.
Un dessert de transmission, simple et indétrônable
Ce far breton de grand-mère n’est pas un gâteau à la mode. Il ne cherche pas l’effet “wahou” sur les réseaux. Pourtant, il revient souvent sur la table, année après année, sans jamais lasser.
Il évoque les dimanches d’enfance, les vacances chez les grands-parents, les goûters de retour de plage. Un plat posé au milieu de la table, tout le monde se sert, discute, rigole. C’est un dessert de partage, sans décor compliqué, mais chargé de souvenirs.
En vérité, vous n’avez pas besoin de le “réinventer”. Sa force, c’est justement cette recette simple, honnête, au beurre salé, que l’on refait encore et encore. Et une fois que vous aurez trouvé votre cuisson idéale, il y a de fortes chances que ce far devienne, lui aussi, l’un de vos classiques absolus. Celui que l’on prépare les yeux fermés, avec le cœur un peu plein, à chaque bouchée.








