Un far qui fond sous la cuillère, qui sent le beurre salé chaud et qui vous ramène direct dans une cuisine de grand-mère un dimanche après-midi… C’est exactement ce que promet cette version, inspirée de la recette familiale d’une championne du monde de far breton. Simple, sans pruneaux, sans chichi, mais avec un goût de Bretagne qui ne s’oublie pas.
Le vrai far breton nature : simple, dense en souvenirs, riche en beurre salé
Dans beaucoup de familles bretonnes, le far breton est plus qu’un dessert. C’est un rituel. Une odeur dans le four, un plat posé encore tiède sur la table, des parts coupées un peu de travers, et des enfants qui attendent que la croûte caramélise juste assez.
La championne du monde 2024, Hélène Kerjean, a gagné avec une recette à l’ancienne. Un far totalement nature. Pas de pruneaux, pas de raisins. Seulement des œufs, du lait, de la farine, du sucre et surtout du beurre salé en quantité généreuse.
Ce choix surprend parfois. Pourtant, c’est ce dépouillement qui met en avant la texture fondante, la bordure bien dorée et ce goût franc de lait, d’œuf et de beurre. Rien pour cacher, tout pour sublimer.
Les ingrédients précis de la recette au beurre salé (version ultra fondante)
Vous verrez, tout ou presque se trouve déjà dans vos placards. La magie vient surtout du beurre salé bien doré et de la cuisson.
Pour un plat rectangulaire d’environ 20 x 30 cm (6 à 8 parts généreuses) :
- 200 g de farine de blé (T45 ou T55)
- 200 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé (soit environ 14 à 16 g)
- 4 œufs de taille moyenne
- 50 cl de lait entier de préférence, pour plus de fondant
- 50 g de beurre salé pour la pâte et la cuisson
- Encore un peu de beurre salé pour graisser et enrichir le plat (environ 10 g)
Avec si peu d’ingrédients, chaque produit compte. Un bon lait, des œufs bien frais, et un beurre salé de qualité font une vraie différence à la dégustation.
Pas à pas : la méthode de cuisson qui rend le far si fondant et doré
La technique ressemble à celle d’un clafoutis, mais avec une cuisson travaillée pour obtenir cette croûte presque caramélisée sur les bords. C’est là que tout se joue.
1. Préparer le plat et le beurre doré
- Préchauffez le four à 230 °C (chaleur statique si possible).
- Déposez environ 60 g de beurre salé en morceaux dans votre plat à four. Cela permet à la fois de graisser et de parfumer la base.
- Glissez le plat vide dans le four. Laissez le beurre fondre puis légèrement dorer. Il doit prendre une couleur blond noisette et dégager un parfum de beurre grillé, sans brûler.
Ce bain de beurre très chaud va accueillir la pâte et créer cette croûte dorée typique du far breton traditionnel.
2. Mélanger les ingrédients sans faire de grumeaux
- Dans un grand saladier, versez 200 g de farine, 200 g de sucre et les 2 sachets de sucre vanillé.
- Mélangez rapidement les poudres pour bien les répartir.
- Ajoutez les 4 œufs, un par un, en fouettant à chaque fois. Vous devez obtenir une pâte assez épaisse, lisse et brillante.
- Versez ensuite les 50 cl de lait en deux fois. Mélangez bien entre chaque ajout pour éviter les grumeaux et garder une texture homogène, fluide mais pas trop liquide.
La pâte doit rappeler celle d’une pâte à crêpes un peu plus dense. Si besoin, vous pouvez la filtrer au tamis pour un résultat parfaitement lisse.
3. Jouer avec le choc thermique pour une croûte parfaite
- Lorsque le beurre est bien chaud et légèrement coloré, sortez le plat du four avec précaution.
- Versez immédiatement la pâte dans le beurre bouillant. Vous allez voir le beurre remonter en surface par endroits, former des marbrures dorées. C’est exactement ce que l’on recherche.
- Baissez aussitôt la température du four à 210 °C.
- Remettez le plat au four et laissez cuire environ 30 minutes.
Le far est cuit lorsque le centre est pris mais encore un peu tremblotant, et que les bords sont bien dorés, presque brunis par endroits. Si vous aimez une texture plus ferme, prolongez de 5 à 10 minutes.
Comment réussir une texture ultra fondante à chaque fournée
Deux fars avec la même recette peuvent avoir des textures très différentes. Tout dépend de quelques détails qui changent tout.
- Le lait entier apporte plus de rondeur et de fondant que le lait demi-écrémé.
- Ne pas trop cuire : si le far est sec sur le dessus et ne bouge plus du tout, il a sans doute un peu trop cuit. Mieux vaut qu’il reste légèrement tremblant au centre à la sortie du four.
- Le temps de repos : dégusté tiède, il est moelleux et encore un peu crémeux. Froid, il se tient mieux, avec une texture plus compacte, presque flan.
- La hauteur de pâte : un plat pas trop grand permet d’avoir un far épais et généreux. Trop étalé, il sera sec plus vite.
Si vous aimez les fars très crémeux, vous pouvez monter à 55 cl de lait et ajouter un œuf supplémentaire. La cuisson sera alors un peu plus longue.
Dégustation : un goûter breton qui sent le beurre chaud et les dimanches d’enfance
Ce far breton nature se suffit largement à lui-même. Il se mange à la main, découpé en gros carrés encore tièdes. Ou à l’assiette, avec une petite cuillère, pour profiter de chaque morceau fondant.
- Vous pouvez le servir tiède, environ 30 minutes après la sortie du four, quand le parfum de beurre salé est encore bien présent.
- Il est aussi délicieux froid, le lendemain, quand la texture s’est resserrée. Certains le préfèrent même ainsi.
- En Bretagne, on l’accompagne volontiers d’un verre de cidre brut bien frais, pour un contraste sucré-acidulé très agréable.
Ce dessert parle à tout le monde. À ceux qui ont connu les goûters chez leur grand-mère. À ceux qui manquent de temps mais veulent du fait maison. À ceux qui aiment les desserts sans fioritures, où l’on sent chaque ingrédient.
Petites variantes possibles, sans trahir l’esprit de la recette
La championne revendique un far 100 % nature. Vous pouvez bien sûr le suivre à la lettre. Mais si vous avez envie de petites touches personnelles, restez léger pour ne pas écraser le goût du beurre salé.
- Ajouter une pointe de cannelle ou une râpée de zeste de citron dans la pâte.
- Remplacer une partie du sucre par 30 g de cassonade pour accentuer la note caramélisée.
- Verser une cuillère à soupe de rhum ambré dans la pâte pour une version plus adulte.
L’essentiel reste le même : une base simple, une cuisson soignée, et ce fameux beurre salé qui parfume la cuisine et donne envie de se resservir.
Une fois que vous aurez trouvé la cuisson idéale dans votre four, cette recette risque bien de devenir votre nouveau classique breton. Un dessert modeste en apparence, mais qui fait un effet fou dès la première bouchée.








